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Comment expliquer que la Torah de la femme est plus essentiellement la Torah du voilé, alors que sa réalité quotidienne est infiniment plus matérielle que celle de l'homme qui suit le chemin de la Torah ?

La femme porte en elle toutes les Mitsvot que l'homme a le devoir d'accomplir. Nous sentons, malgré tout, qu'à ce niveau de notre enseignement, la réponse que nous avons donnée ne résout pas toute la question.

Comment affirmer que la femme symbolise le monde à venir, monde dans lequel nous ne serons plus asservis aux forces de la matière? Comment expliquer que sa Torah est plus essentiellement la Torah du Nistar, alors que nous constatons qu'aujourd'hui sa réalité est infiniment plus matérielle que celle de l'homme qui suit le chemin de la Torah. Lui étudie et accomplit nombre de commandements pendant qu'elle tient son foyer et s'occupe des enfants ?
 

LA CORDE LA PLUS LONGUE

Donnons un exemple simple. Imaginons deux hommes qui font de la plongée sous-marine. Les deux sont reliés à un bateau par une corde. Celui dont la corde est la plus longue pourra s'enfoncer plus profondément dans l'eau, il atteindra des profondeurs que l'autre est incapable d'atteindre.

Il en est exactement de même pour l'homme et la femme. La femme, dans son essence, étant rattachée à la Torah voilée, est capable de s'approcher du monde matériel beaucoup plus que l'homme. Elle peut "descendre" bien plus bas que lui et atteindre et toucher des "fonds" que l'homme est incapable de percevoir ni même d'imaginer.

La femme est bien plus grande que l'homme, parce qu'elle est capable de retrouver D.ieu et s'attacher à Lui là où l'homme serait incapable de Le servir.

Là encore, ce n'est pas son infériorité qui la relègue aux tâches ménagères et à un quotidien qui semble vide de toute spiritualité, mais au contraire, son immense force et sa capacité hors du commun de s'enfoncer dans la matière sans se couper de ses racines spirituelles.

Là où la femme descend et est capable de vivre, l'homme ne pourrait se tenir, ne serait-ce que quelques jours. Justement parce qu'à sa racine une lumière immense éclaire son être et la renforce, elle est capable de s'enfoncer dans l'obscurité et continuer malgré tout à voir clair. Une force mystérieuse lui permet de sentir même dans l'étroitesse de son quotidien que quelque chose d'immense se cache là où elle se trouve.

La véritable grandeur d'un homme est sa capacité à supporter l'obscurité parce qu'il ne cesse de croire que la lumière existe.
En ce sens, la femme est bien plus grande que l'homme, parce qu'elle est capable de retrouver D.ieu et s'attacher à Lui là où l'homme serait incapable de Le servir.

L'homme est absolument incapable de comprendre comment d'une "cuisine" peut émaner une lumière et une chaleur spirituelle aussi fortes que celles qu'il ressent à l'intérieur des maisons d'étude ou de prière. C'est pourtant le secret de la femme juive. Dans le mystère de son être, voilé au plus profond de sa personne, elle ressent, entend, découvre l'appel du Nistar, qui lui permet de réunir et dévoiler au coeur de sa "cuisine" la sainteté des maisons d'étude et de prière.

Au plus profond de son être, il y a les commandements, l'étude et la prière. Partout où elle se déplace, elle emporte avec elle l'ensemble du monde spirituel. En fait, il est possible d'affirmer que l'homme est "l 'extériorité" de la Torah et la femme son "intériorité".
 

LE CœUR ET LES ACTES

Seulement, lorsque ces deux "réalités" sont réunies et se tiennent face à face, la Torah se dévoile dans toute sa puissance et éclaire les pas de ADAM. Chacune de ces "facettes" de la Torah, lorsqu'elles sont éloignées l'une de l'autre et se tournent le dos, peuvent entraîner l'homme dans les pires erreurs et de terribles déviations.

La Torah de l'homme, Torah des "formes" et des "actes" lorsqu'elle se coupe de son intériorité, s'assèche et se vide de son âme. Elle devient un océan de mécanismes, de rites et de règles qui étouffent l'être et le déshumanisent.

Si le "Judaïsme de l'homme" peut devenir étouffant, celui de la "femme" est fragile et ne peut être qu'éphémère.

Une Torah dont le coeur a cessé de battre, une Torah sans âme et sans vie devient un Judaïsme pesant et étouffant. Une telle Torah perd sa qualité essentielle, elle cesse d'être une "Torah de vie". Sur le plan spirituel, elle devient une "Torah célibataire", c'est-à-dire aigrie, égoïste, repliée sur elle-même, qui ne sait que prendre mais jamais donner. Comme un homme qui ne s'est pas marié et étouffe d'orgueil et d'égoïsme parce qu'il n'a personne à qui donner.

Vice-versa, la Torah de la femme, Torah du coeur, lumière intérieure, lorsqu'elle se coupe totalement des formes et des actes et ne s'extériorise plus, engendre un nouveau type de Juif, le Juif du coeur. Celui pour qui toute la Torah se résume à l'unique conscience d'être juif dans son coeur. Qu'importent les commandements, qu'importent l'étude et la prière, pourquoi les règles et les obligations puisque l'on se contente à bon compte de cette lumière qui scintille au plus profond de l'être?

Là aussi, la déviation est terrible et dangereuse parce que tout feu, s'il n'est pas sans cesse alimenté, finit par s'éteindre. Toute conscience intérieure a besoin pour ne pas disparaître d'être sans cesse renouvelée par un apport extérieur. La Torah extérieure, Torah des formes et des règles, est à la Torah du coeur ce que l'huile et la mèche sont à la flamme.

Seule la réunion de tous ces ensembles permet de faire naître la lumière.

Si le "Judaïsme de l'homme" peut devenir étouffant, celui de la "femme" est fragile et ne peut être qu'éphémère.

Dans les deux cas, le résultat est le même, c'est la Torah véritable qui est abandonnée. La Torah de l'homme engendre la révolte, celle de la femme l'oubli. C'est en faisant allusion à cela que le verset nous dit dans les Proverbes: " Accepte, mon fils, les règles de ton "père" et n'oublie pas la Torah de ta "mère"."

Révolte et oubli, ne croire qu'en les actes ou ne suivre que le coeur sont les deux chemins qui tuent le Judaïsme et privent notre peuple de sa véritable grandeur. Là encore, le secret de notre réussite dépend de l'union sacrée entre l'homme et la femme.

Leur "face à face" symbolise l'amour qui doit régner entre ces deux exigences de la Torah.

L'homme ne peut se passer d'actes et de règles, mais il lui est interdit de négliger l'exigence de la réalité intérieure, de l'appel du coeur.
 

CONSTRUCTION DU COUPLE ET CONSTRUCTION DU TEMPLE

Le Temple, dont la construction et la présence sont le symbole de la réussite historique de notre peuple, est fondamentalement lié à une autre construction plus pressante, plus vitale encore, celle du couple juif.

Cet enseignement fondamental est dévoilé dans la Torah. A propos de la construction du Michkan, du Tabernacle, le verset nous dit: " Vous Me construirez un Tabernacle et Je résiderai à l'intérieur de vous-mêmes." Nos Maîtres font remarquer que le verset aurait dû dire: "...et Je résiderai à l'intérieur de lui", c'est-à-dire dans le Tabernacle. Aussi, ils expliquent: " Grâce au Michkan, D.ieu peut résider à l'intérieur du coeur de chaque Juif."

La construction "extérieure" d'un "lieu" pour la Présence divine permet et rend possible son dévoilement à "l'intérieur" de l'être, au plus profond du coeur. Vice-versa, ce "lieu" extérieur n'a plus de raison d'être lorsque D.ieu est chassé du coeur. Ainsi le prophète Isaïe pouvait-il s'exprimer et dire au sujet des Juifs qui venaient dans le Temple: " Ils viennent M'honorer avec leur bouche mais Je suis loin de leur coeur."

Si l'homme est ce "lieu extérieur" dans lequel se dévoile la vérité, la femme, elle, est le coeur qui permet à ce dévoilement de rester vivant.
Le Temple, dont la construction et la présence sont le symbole de la réussite historique de notre peuple, est fondamentalement lié à une autre construction plus pressante, plus vitale encore, celle du couple juif.

Nous comprenons dès lors cet enseignement quelque peu étrange de nos Maîtres (Talmud Bera'hot): " A chaque mariage, c'est une partie de Jérusalem qui est reconstruite! "

Chaque couple juif est potentiellement un Temple reconstruit. D.ieu ne peut se dévoiler sur terre que si la "réalité extérieure" s'unit et se lie à la "réalité intérieure"

L'homme et la femme, l'acte et le coeur, portent en eux toute l'espérance du peuple juif. A chaque mariage, c'est cet espoir qui se dévoile, l'espoir de voir se retrouver enfin la Torah des actes et celle du coeur.

Cet essai est tiré du livre Le Vrai Visage de la Femme Juive.



A PROPOS DE L'AUTEUR
le Rabbin Haïm DINOVISZ
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